Les pays qui ont changé de nom
Un atlas de dix ans contient déjà des noms périmés. Voici ceux qui ont changé récemment, ceux dont le changement n’a pas pris, et pourquoi.
Un nom de pays n’est pas une donnée neutre : c’est une revendication. Chaque changement raconte une décolonisation, une sortie de conflit, ou une opération de communication d’État. Voici les cas qui comptent, du plus récent au plus ancien.
Eswatini (2018)
Le roi Mswati III a rebaptisé le Swaziland en Eswatini — « terre des Swazis » en langue swazie — le jour du cinquantième anniversaire de l’indépendance. Le motif officiel : en finir avec un nom d’origine coloniale, et éviter la confusion permanente avec la Suisse (Switzerland) dans les enceintes internationales.
Macédoine du Nord (2019)
Le plus long conflit toponymique de l’histoire récente. La Grèce refusait le nom « Macédoine » au motif qu’il désigne aussi une de ses régions et laissait planer une revendication territoriale. Pendant vingt-sept ans, le pays a siégé à l’ONU sous l’acronyme ARYM (« Ancienne République yougoslave de Macédoine »). L’accord de Prespa de 2018 a tranché : Macédoine du Nord, en échange de quoi la Grèce a levé son veto à l’adhésion à l’OTAN.
Türkiye (2022)
La Turquie a demandé à l’ONU d’utiliser Türkiye dans toutes les langues, y compris en anglais où turkey désigne aussi la dinde. L’adoption est réelle dans les documents officiels, mais l’usage courant francophone reste largement « la Turquie » — ce que retient le jeu.
Tchéquie (2016)
Après la partition de la Tchécoslovaquie en 1993, le pays n’avait pas de forme courte satisfaisante : « République tchèque » est un nom long, et « Czech » seul ne se dit pas. Prague a officialisé Czechia en 2016, dont l’équivalent français est Tchéquie. Trente ans après, l’usage hésite toujours.
Cabo Verde (2013)
L’archipel a demandé que son nom portugais, Cabo Verde, soit utilisé tel quel dans toutes les langues, plutôt que traduit en « Cap-Vert ». La démarche est la même que celle de la Côte d’Ivoire, qui exige depuis 1986 que son nom ne soit jamais traduit — ni Ivory Coast, ni Costa de Marfil.
Les cas plus anciens, toujours actifs
- Birmanie / Myanmar — la junte a imposé « Myanmar » en 1989. Une partie de la francophonie et de l’opposition birmane continue d’employer « Birmanie », précisément parce que le changement n’a jamais été validé démocratiquement.
- Timor oriental / Timor-Leste — indépendant en 2002, le pays préfère la forme portugaise.
- Zaïre / République démocratique du Congo — retour au nom d’origine en 1997, après la chute de Mobutu.
- Haute-Volta / Burkina Faso — rebaptisé en 1984 par Thomas Sankara : « pays des hommes intègres ».
- Ceylan / Sri Lanka — 1972, à la proclamation de la République.
Ce que retient le jeu
GeoG utilise les formes françaises les plus courantes, et accepte les variantes à la saisie : écrire « Eswatini » ou « Swaziland », « Myanmar » ou « Birmanie », « Türkiye » ou « Turquie » fonctionne dans les modes où l’on tape la réponse. C’est le bon compromis quand l’usage lui-même est partagé.
Une réserve d’honnêteté : le libellé français affiché par le jeu pour certains de ces pays suit encore l’usage ancien — « Swaziland » plutôt qu’« Eswatini », « Îles du Cap-Vert » plutôt que « Cabo Verde ». C’est un décalage connu, à corriger côté données du jeu.
Questions fréquentes
Pourquoi le Swaziland s’appelle-t-il Eswatini ?
Faut-il dire Turquie ou Türkiye ?
Pourquoi la Macédoine a-t-elle ajouté « du Nord » ?
Dit-on Tchéquie ou République tchèque ?
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